Guide Débutant : Jouer aux Imports Famicom Japonais sur NES US
Pourquoi la Famicom et la NES sont-elles incompatibles ?
La Famicom (Family Computer), lancée au Japon en 1983, et la NES, sa cousine occidentale, partagent exactement le même cœur électronique. Pourtant, impossible de glisser une cartouche japonaise dans une console américaine sans bricolage. La raison tient à trois détails physiques qui, cumulés, rendent les deux machines hermétiques l’une à l’autre :
- Format de cartouche : la Famicom mise sur des cartouches compactes, rouge et blanc, presque mignonnes. La NES, elle, adopte un format “zero insertion force” (ZIF), beaucoup plus imposant.
- Connecteur : 60 broches côté japonais, 72 côté américain. Un écart qui change tout.
- Verrouillage régional (10NES) : certaines cartouches NES embarquent une puce anti-piratage qui bloque les jeux non homologués. La Famicom, elle, n’a jamais connu ce genre de contrainte.
Résultat : une cartouche Famicom ne rentre tout simplement pas dans une fente NES. Pas de magie possible sans un minimum d’adaptation.
Les solutions pour jouer aux jeux Famicom sur NES
1. L’adaptateur de cartouche (solution la plus simple)
C’est, sans hésiter, l’option à privilégier quand on débute. Le principe est enfantin : on glisse la cartouche Famicom dans un petit boîtier, qu’on branche ensuite dans la fente NES comme n’importe quel jeu classique.
- Avantages : zéro modification de la console, totalement réversible, et le prix reste raisonnable (comptez entre 10 et 25 €, selon la finition).
- Inconvénients : sur les modèles d’entrée de gamme, les contacts s’oxydent parfois en quelques mois, et l’alignement des broches laisse à désirer.
- Marques fiables : Honest Old Man, Retro-Bit, ou encore les adaptateurs proposés par des boutiques spécialisées rétro comme RetroGameRepair ou Console5. Mieux vaut y mettre quelques euros de plus que de s’arracher les cheveux avec un jeu qui clignote.
2. Le mod “60-to-72 pin” interne
Pour ceux qui aiment ouvrir leur console (et qui savent manier un fer à souder), il existe une solution plus radicale : installer un connecteur 60 broches directement à l’intérieur de la NES, en plus du connecteur 72 broches d’origine. Le rendu visuel est nettement plus propre, on insère la cartouche Famicom sans accessoire externe. Mais attention, ça demande de la patience, de bonnes bases en soudure, et un peu de courage pour démonter sa console vintage.
3. Les cartes de conversion (“pin converter boards”)
Troisième piste : ces petites cartes électroniques qui reconfigurent le câblage entre les deux formats. On les trouve souvent glissées à l’intérieur des adaptateurs cartouche eux-mêmes, histoire de fiabiliser la connexion. Une solution hybride, en somme, entre le bricolage maison et l’achat tout prêt.
Faut-il désactiver le chip 10NES ?
Dans l’immense majorité des cas, la réponse est non. Le chip 10NES se contente de vérifier un signal d’authentification présent uniquement sur les cartouches NES américaines. Les jeux Famicom n’ont tout simplement pas ce circuit, donc aucun blocage ne se déclenche de leur côté.
Alors pourquoi certains joueurs voient leur écran clignoter frénétiquement (“blinking”) dès qu’ils insèrent un import ? La plupart du temps, le coupable n’est pas le verrouillage régional mais de simples connecteurs sales ou usés par trente ans de parties.
Astuce pratique : avant d’accuser le mod ou l’adaptateur, nettoyez les contacts de la cartouche avec un coton-tige imbibé d’alcool isopropylique à 90°. Testez l’insertion plusieurs fois, en variant légèrement l’angle. Dans neuf cas sur dix, ça règle le problème sans qu’il soit nécessaire de toucher à l’électronique.
Problèmes courants et solutions
- Écran noir ou clignotant : nettoyez à la fois les broches de la cartouche et le connecteur 72 broches à l’intérieur de la console. Un léger dépôt de poussière suffit parfois à tout faire capoter.
- Jeu qui ne se lance pas du tout : vérifiez l’orientation de l’adaptateur. Certains modèles se branchent dans les deux sens, d’autres non, et l’erreur est plus fréquente qu’on ne le pense.
- Son ou image instable : bonne nouvelle ici, la NES et la Famicom fonctionnent toutes deux en NTSC. Pas de conversion PAL/NTSC à gérer, contrairement à ce qu’on rencontre parfois avec d’autres consoles importées.
Quels jeux Famicom valent le détour ?
Le catalogue japonais regorge de pépites jamais sorties en Occident, ou proposées dans des versions sensiblement différentes :
- Les exclusivités Famicom Disk System, comme Doki Doki Panic, qui a servi de base (on l’oublie souvent) à Super Mario Bros. 2 version US.
- Des versions enrichies de jeux déjà localisés, à l’image d’Akumajō Dracula (le fameux Castlevania), dont la mouture japonaise diffère légèrement de celle qu’on connaît.
- Des RPG restés inédits en dehors du Japon, comme Mother, l’ancêtre direct d’EarthBound. Aujourd’hui, des fans passionnés l’ont traduit via des patchs ROM, pour le plus grand bonheur des curieux.
Un point d’attention tout de même : les jeux pensés pour le Famicom Disk System demandent un lecteur de disquette dédié. Un simple adaptateur de cartouche ne suffira pas, autant le savoir avant de s’emballer sur eBay.
Conclusion
Au final, découvrir les imports Famicom sur une NES américaine n’a rien d’une mission impossible. Un adaptateur de cartouche basique fait largement l’affaire pour commencer, sans qu’on touche à l’intégrité de sa console. Les plus bricoleurs, ceux qui aiment sortir le fer à souder un dimanche après-midi, trouveront dans le mod interne une solution plus élégante sur la durée. Dans tous les cas, un bon nettoyage régulier des contacts reste le réflexe le plus simple, et le plus efficace, pour profiter sans accroc d’un catalogue japonais souvent plus riche, parfois plus audacieux, que son équivalent occidental.